Cultivons des tenailles du collectif aveyronnais Le Souffleur
Les métamorphoses du monde naturel et de l’activité des humains avancent vite, avec presque un tic-tac qu’on entendrait en sourdine. Incendies, raz-de-marée, crises sociales et politiques… Et exils : exil politique, exil climatique, exil économique, exil poétique. Sur le globe s’écrit une multitude d’errances personnelles et collectives. De chemins. Et d’initiatives sororales et fraternelles qui permettent à ce tout de rester digne, inventif, vivant.
Une écriture dramaturgique bâtie à la croisée du récit, du documentaire et de la série. Un montage fragmenté, rythmé et mouvant comme à l’intérieur d’un Kaléidoscope. Un seul en scène, à la mise en scène dépouillée, qui dégage une énergie peu commune.
L’Histoire
En 1995, Hugo et Livio, deux enfants, se font la promesse qu’ils se retrouveront là, en Toscane, quand ils seront vieux comme Pépé Luca. Vingt ans plus tard, Ftaline est encore une petite fille quand elle cherche, avec sa mère, à fuir la Turquie. Hugo, Livio et Ftaline croiseront sur leur route Léa, et aussi Alpha. Entre un train pour Paris, un bateau pour la Grèce ou un avion pour Helsinki. Cultivons des tenailles raconte l’errance, les déplacements, l’exil et la fraternité qui animent ces cinq personnages sur près de quarante ans.
Extrait
« Maman elle parle avec plein de gens pour pouvoir aller dans l’eau de la Grèce. Et elle se donne beaucoup de mal pour cette Grèce qui est le rop comme elle dit. Même si je vois pas encore bien ce que c’est que ce rop, moi je suis contente quand maman elle en parle parce que elle a les yeux qui s’allument comme les lumières dans la rue quand il fait nuit. Et je préfère pas la voir pleurer parce que là il fait tout noir pendant longtemps. La nuit, en vrai, souvent il faut pas bouger et même pas dormir parce que maman elle porte déjà ma petite sœur qui est un bébé dans ses bras. Alors que moi je suis grande. Alors je m’assois par terre. Tant pis si je peux pas dormir dans les bras de maman, c’est ça être grande. Ce que j’aime bien c’est jouer à faire disparaître les monsieurs avec les fusils. C’est pratique parce qu’on peut le faire en restant sans bouger. Je cligne seulement des yeux pour voir les grosses lumières des monsieurs d’un côté ou de l’autre, et comme ça je fais déjà clignoter les lumières. Si je vais très vite on dirait que les monsieurs sautent ou se plient en même temps que les lumières clignotent. Et si je ferme les deux yeux ensemble y’a plus de monsieurs. Et plus de fusils. Moi je préfère parce qu’ils crient très fort. »
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